Réduflation : Comment l'industrie agroalimentaire tente de berner le consommateur

22 septembre 2022
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Si vous suivez un peu l’actualité, vous avez peut-être entendu ce charmant néologisme : “shrinkflation” (de shrink en anglais : réduire, et flation : inflation) francisé en “réduflation”.

Alors qu’un des “sports” de l’industrie agroalimentaire était jusqu’à présent de “gonfler” artificiellement la masse et le volume de certains produits en y ajoutant eau, agents de texture et autres additifs afin de faire de substantielles économies sur les produits finis, une nouvelle “mode” semble prendre le relais.

Cette fois-ci, l’idée est de réduire de façon quasiment imperceptible les quantités de produits tout en conservant le prix d’origine ou en l’augmentant très légèrement.

Le consommateur n’a ainsi pas l’impression de dépenser plus, la bouteille de soda par exemple, est plus ou moins au tarif qu’il a l’habitude de payer. Pour autant, il aura en réalité moins de produit et paiera donc mécaniquement plus qu’avant à quantité égale.

Si cette pratique touchait au départ les grands acteurs des boissons gazeuses, qui, impactés notamment par la hausse de la taxe soda en 2017 et du coût des matières premières, avaient décidé de réduire la taille de leurs bouteilles (passage de 2L à 1.75L et de 1.5L à 1.25L en 2018 chez Coca Cola par exemple), on assiste à une accélération de ce phénomène.

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Les portions de certains chocolats, fromages ou encore sucres en poudre ont commencé à “fondre” depuis 2019 comme l’alerte l’organisation à but non lucratif Foodwatch France.

Avec le contexte actuel de hausse du prix des matières premières, du coût des transport et de l’énergie, la tentation d’augmenter les prix tout en rendant l'opération quasiment invisible aux yeux du consommateur est tentant pour les multinationales.

Si le procédé n’est pas interdit par la loi (à condition que les quantités et le prix au kilo soient correctement renseignées), beaucoup d’associations de consommateurs souhaiteraient que les changements de format soient clairement indiqués afin de ne pas “tromper par omission” les acheteurs.

Foodwatch France propose d’ailleurs de signer une pétition en ligne pour que les industriels soient tenus d’informer correctement les consommateurs.

Vigilance donc lorsque vous ferez vos courses, pensez toujours à vérifier la contenance de ce que vous achetez (certaines bouteilles de jus de fruit ne contiennent par exemple que 90 cl alors que le format habituel est de 1L) et bien entendu jetez toujours un oeil au prix au kilo, au litre ou à la pièce afin de ne pas être lésé.

N'hésitez pas à partager en commentaire les "anomalies" que vous avez pu observer lors de vos emplettes.
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