Abonnements jeux PC : que valent-ils et lequel choisir ?

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Abonnements jeux PC

Marre d’acheter des jeux vidéo au compte-goutte et payer des triple A plein pot ? Envie de découvrir de nouveaux jeux régulièrement ? Peut-être avons-nous une solution pour vous. Une solution pour bénéficier d’une vaste ludothèque, dont le coût mensuel s’avère inférieur à la valeur d’un jeu vendu neuf en magasin. Qu’il soit en local ou en streaming, voici venu le temps du jeu PC à la demande. Mais quel abonnement jeu PC choisir ?

Les services d’abonnement : présent (et futur) du jeu vidéo

Dépenser moins pour jouer à plus de jeux vidéo. Voilà un concept qui aurait fait fantasmer bien des gamers ayant découvert ce média avec les bornes d’arcade – oui, cette fameuse époque où il fallait insérer toujours plus de pièces dans la machine pour continuer la partie. Mais ce fantasme n’en est plus un. C’est devenu une réalité.

Et quand on parle de jouer plus en dépensant moins, nous ne pensons ni à ces free-to-play soi-disant gratuits que l’on télécharge frénétiquement, ni à ces pay-to-win incitant de façon insidieuse à des micropaiements, ni au piratage de jeux. Nous évoquons là l’authentique possibilité d’acquérir légalement plein de (grands) jeux à moindre coût. Et cela, grâce à ce service vieux comme le monde que constitue l’abonnement.

Des abonnements pour les gros joueurs

Vous êtes un très gros consommateur de jeux vidéo ? Alors n’hésitez plus, c’est un service d’abonnement jeux vidéo qu’il vous faut. Non pas que nous cherchions à vous pousser à la surconsommation, loin de là. C’est juste qu’un abonnement à une prestation s’accordant avec vos pratiques vidéoludiques pourrait bel et bien générer de substantielles économies du côté de votre portefeuille tout en vous dotant d’un catalogue de jeux variés et de qualité, parfois en édition limitée.

C’est en tout cas la tendance adoptée par les acteurs de l’industrie depuis maintenant une poignée d’années. Constructeurs de consoles, éditeurs qui pèsent, mastodontes des GAFA, chacun y va de son service d’abonnement, étant entendu que cette mouvance ne va qu’en s’amplifiant. L’idée directrice étant d’offrir aux joueurs des services PC compatibles, et donc aptes à afficher le meilleur rendu graphique et la meilleure vitesse d’exécution.

Le cloud gaming, game changer du jeu vidéo

Dans cette mêlée aux vrais airs de Battle Royale, tout le monde n’opte toutefois pas pour la même stratégie d’approche. S’il s’agit toujours de mettre à la disposition des abonnés une myriade de jeux en accès presque illimité moyennant une mensualité donnée, certains services imposent toujours d’installer les titres sur le disque dur de nos machines, quand d’autres se positionnent sur une technologie qui sera celle du jeu vidéo de demain : le cloud gaming, ou jeu vidéo streamé.

Qu’est-ce que le cloud gaming ?

Disons que cela s’apparente à l’effacement progressif de nos ordinateurs et consoles – ce hardware domestique qui s’était avéré si fidèle jusqu’ici – au profit de serveurs dédiés qui endossent toute la pesanteur de la partie technique. Oui, finies les mises à jour, les configurations système à effectuer soi-même, les installations qui perdurent des heures. Plus qu’une chose à faire : se connecter à son compte, et jouer, pour peu que l’on possède un écran ou une interface compatibles avec le service en question.

Chaque action que l’on effectue manette ou clavier en main est traitée par un serveur, sans temps de latence pour peu que l’on possède une bonne, pour ne pas dire une excellente vitesse de connexion. Un futur immédiat rendu possible par le développement de la fibre optique (même si tout le monde n’y est hélas pas éligible de manière égale) et l’arrivée de la 5G (malgré les inquiétudes qu’elle suscite). Plus besoin d’optimiser son matériel tous les quatre matins pour jouir d’un triple A dernier cri, puisque la puissance des serveurs est sans cesse optimisée à la faveur de leur évolution. Le cloud gaming, c’est une certaine fin de l’obsolescence programmée. Le bond quantique que l’on espérait plus.

Une perspective qui donne à penser, quand plane le spectre de la pénurie de composants électroniques et que l’utopie d’une consommation de jeu vidéo écoresponsable, si tant est qu’elle soit réalisable, s’insinue dans nos esprits. Mais si nous manquons encore de recul pour jauger l’impact environnemental de ce cloud gaming qui n’a rien d’une abstraction, le marché de l’abonnement aux jeux vidéo PC se montre bien assez installé pour mesurer son empreinte à l’échelle de notre budget maison.

Abonnements jeux PC : ne vous trompez pas de prestataire

Précision importante, ne seront pas évoqués dans notre dossier les services d’abonnements suivants :

  • Shadow, le PC dans le nuage de la start-up française audacieuse Blade.
  • GeForce Now, la technologie d’appoint du façonneur de cartes graphiques Nvidia.

Pour la simple raison que ces derniers ne proposent pas de services de cloud gaming, mais des services permettant d’accéder à des jeux vidéo via le cloud. Nuance. Autrement dit : même en y étant abonné, il vous faudra toujours acheter des jeux vidéo, ou vous abonner à une offre dédiée. Ce qui ne reste pas la meilleure façon de faire des économies, n’est-ce pas ?

Pas plus que nous n’évoquerons :

  • Luna, le service d’abonnement cloud gaming du géant de la vente en ligne et de la vidéo à la demande Amazon.
  • Apple Arcade, le service d’abonnement dédié au jeu vidéo mobile créé par la multinationale de produits électroniques grand public.

Puisque le premier, malgré ses ambitions affichées, en est encore au stade early access, tandis que le second dispose lui d’un catalogue sans lien avec le jeu PC.

N’étant pas labellisés PC mais seulement console, l’abonnement au Xbox Live Gold côté Microsoft et au PlayStation Plus côté Sony ne seront de fait pas abordés.

Un ultime disclaimer avant de passer à notre revue d’effectifs : restez bien conscients que certains services d’abonnement mettent à disposition des jeux qui pourront être amenés à disparaître du catalogue, exactement à la manière d’une plateforme de VOD. Oui : quelle est la valeur réelle de ces jeux streamés, réduits à des flux dématérialisés se volatilisant du jour au lendemain ? Une donnée à prendre en compte lors de votre choix. Même si pour compenser, les prestataires doteront à l’occasion leurs abonnés de sélections de jeux vidéo gratuits ou d’offres promotionnelles croustillantes (qu’il faudra toujours guetter, mais ça vous le savez déjà).

Les services d’abonnement jeux PC « à l’ancienne »

Pour trouver la meilleure offre d'abonnement jeu PC et jouer à tous vous jeux favoris comme Age of Empires, suivez le guide !

Page d'accueil EA Play
Source : EA Play /capture d'écran

EA Play

Dans la famille des services d’abonnement qui ont changé x fois de nom, on demande EA Play. Jadis EA Access, puis EA Origin, le dispositif d’Electronic Arts s’avère aussi inconstant dans son appellation qu’il est en retard dans la course au cloud gaming, exception faite de la mise à disposition de certains jeux du catalogue EA Play au profit du Xbox Game Pass Ultimate. 

Rien de bien concret à l’instant où sont écrites ces lignes, si ce n’est qu’EA est en train de procéder à des tests grandeur nature d’un cloud gaming maison. (C’est qu’il en faut, des ressources, pour matérialiser un service à la hauteur de la gourmandise technologique dont se fendent les productions EA.) 

En attendant, les adorateurs irréductibles de Star Wars peuvent toujours souscrire à EA Play pour bénéficier de Fallen Order et Battlefront II ou d’un accès anticipé et illimité aux nouveautés de l’éditeur, à condition d’avoir opté pour le forfait le plus coûteux. L’un des services les moins onéreux, ce qui tombe sous le sens quand on sait que le forfait de base propose un accès limité (10 heures maximum) aux nouveautés EA.

Prix : EA Play 3,99 €/mois, 24,99 €/an. EA PlayPro 14,99 €/mois, 99,99 €/an

Page d'accueil Humble Choice
Source : Humble Choice / capture d'écran

Humble Choice

La plateforme a maintes fois changé de nom (Humble Monthly jusqu’en décembre 2019) et varié de concept (Books Bundle, Mobile Bundle) depuis sa création, sans toutefois jamais se départir de sa philosophie préférentielle : un abonnement souscrit égale un don versé à une œuvre caritative. La part destinée aux œuvres, aux créateurs de jeux, et à la plateforme elle-même étant à la discrétion de l’abonné. Humble Choice pratique ce que ses bâtisseurs intitulent la « tarification flexible » : plusieurs forfaits d’abonnements, mensuel ou annuel, proposant plus ou moins d’avantages selon le plan sélectionné. En retour, des clés de jeux PC à échanger sur des plateformes d’achat et de téléchargement dédiées (comme Steam, GOG). La spécificité de ces jeux garantis sans DRM (« digital rights management ») étant que vous pourrez les conserver ad vitam même si leurs développeurs ou leurs éditeurs en viennent à mettre clé sous porte. À ce jour, ce ne sont pas moins de 200?000?000 de dollars qui ont été collectés pour des œuvres de charité via Humble. C’est certes plus cher que la plupart des services d’abonnement étudiés ici… Mais n’est-il pas préférable de savoir dans quelles poches va vraiment notre argent ? La question se pose franchement. Seul bémol : la plupart des jeux ne disposent pas de VF.

Prix : Lite 4,99$/mois, 44,99$/an. Basic 14,99$/mois, 134,99$/an. Premium 19,99$/mois, 179,99$ /an

Les services d’abonnement jeux PC « cloud gaming »

Page d'accueil PS Now
Source : PlayStation Now / capture d'écran

PlayStation Now

Une anomalie. Voilà le terme qui correspondrait le mieux au PS Now. Lancé en 2014 (déjà), le service de Sony n’en a jamais vraiment profité pour prendre une longueur d’avance sur ses concurrents. Cet ancrage presque antédiluvien dans le référentiel du cloud gaming constituant peut-être l’une des raisons de son décrochage actuel. 

Car il faut savoir que le PS Now n’est accessible que via une PS4, une PS5 ou un PC fonctionnant sous Windows. Oui, impossible d’en profiter depuis son smartphone ou un moniteur connecté. 

Techniquement, il accuse un retard conséquent en se limitant à un flux 720p sur PC, le 1080p (voir le 4K dans certains cas) n’étant disponible que pour les jeux PS4 téléchargés en local sur PS4 ou PS5. Un correctif bien peu concluant, voire quasi hors-sujet dans l’affaire qui nous concerne ici. 

Plus préjudiciable encore, peu d’exclusivités PS5 s’avèrent mises en avant sur ce PS Now décidément bien désuet. Cette ancienneté lui octroie toutefois un atout non négligeable : un accès à un vaste catalogue de jeux, puisant tant dans les répertoires PS2 que PS3 et PS4, soit plus de 800 titres aux multiples genres représentés, et on n’a pas fini de compter. Pour peu que vous possédiez un PC et ne souhaitiez pas investir dans une PlayStation 4 encore coûteuse, le PS Now offre un ticket d’entrée à prix bradé pour profiter des exclus Sony, que d’aucuns qualifieraient comme les meilleures du marché. À bien méditer donc.

Prix : 9,99€/mois. 24,99€/trimestre. 59,99€/an

Page d'accueil Xbox Game Pass
Source : Xbox.com / capture d'écran

Xbox Game Pass

Il se sera fait longtemps désirer, mais le cloud gaming fait désormais partie intégrante de ce Xbox Game Pass à l’offre désormais pléthorique. Parmi les multitudes de titres proposés, tous s’avèrent jouables via Xbox, appareillages Android et iOS et donc PC Windows/Mac en qualité optimisée. 

Et si son appellation de « Netflix du jeu vidéo » semble encore surfaite, ce Xbox Game Pass peut se targuer de mettre à disposition des exclusivités dès leur jour de sortie dans le commerce, quand ce n’est pas tout simplement en avant-première. Triples A maison, pépites indé, il y en a pour toutes les sensibilités. 

Dans l’hypothèse où vous seriez fan invétéré des Halo et autres Gears of War, le pack Ultimate (lequel comprend l’accès au Gamepass Console + PC + Xbox Live Gold) à 12,99€ par mois devrait vous donner entière satisfaction. Sans oublier l’accès préférentiel à certains jeux d’EA Play, afin d’étoffer encore davantage votre bibliothèque de jeux PC rutilants.

Prix : Console 9,99€/mois. PC 9,99€ /mois. Ultimate 12,99€/mois

Page d'accueil Ubisoft+
Source : Ubisoft / capture d'écran

Ubisoft+

Pas facile de s’y retrouver, avec tous ces services d’abonnements qui changent presque tout le temps de désignation. C’est encore le cas avec Ubisoft+ (précédemment Uplay+, vous suivez ?) dont l’offre ressemble vu de loin à celle d’EA Play : accès anticipé aux exclusivités maison, open bar sur les prestigieuses licences de l’éditeur (Assassin’s Creed, Rainbow Six, Far Cry, etc., etc.). 

Vu de loin seulement, car Ubisoft assure que les jeux entreposés sur sa plateforme y resteront pour toujours (ou plutôt : jusqu’à ce qu’Ubisoft+ ne disparaisse ?), et que les sauvegardes de jeu demeurent stockées sur un serveur consacré même quand l’on suspend son abonnement, ce qui n’est pas tout à fait négligeable. 

Et même si le formulaire d’abonnement n’est vraiment pas clair à ce sujet, l’offre dite Multi Access débloque une fonction cloud gaming via Stadia, le service d’abonnement de jeux vidéo de Google. Énième marqueur que l’éditeur français est loin d’être inactif sur l’échiquier du jeu vidéo streamé, un accord a été signé avec Amazon afin de proposer un abonnement Luna spécialement dédié aux titres Ubisoft.

Prix : PC Access 14,99€/mois. Multi Access 17,99€/mois

Page d'accueil Stadia Pro
Source : Stadia / capture d'écran

Stadia Pro

Et quand on parle de Stadia, difficile d’émettre un quelconque avis favorable dessus. Depuis son annonce en grande pompe en 2019, la console de jeu dématérialisée de Google n’a à l’heure où sont écrites ces lignes qu’une trentaine de jeux à son actif. Depuis l’annonce de la fermeture de leurs propres studios de jeu vidéo, l’avenir de Stadia s’écrit plus que jamais en pointillés. Est-ce que quelqu’un ici se souvient de Google+ ?

Prix : 9,99€/mois

Blacknut

Cocorico. Avec pas moins de 500 jeux dans son escarcelle, le service de streaming français Blacknut fait bien mieux que certains poids lourds évoqués au détour de ce dossier. Pas de triple A ici, mais plutôt une approche orientée grand public, avec sa ligne éditoriale familiale, son interface simple d’accès et sa technologie optimisée pour le mobile (l’expérience se veut hélas moins concluante sur PC). Reste à savoir quel rôle pourra jouer la petite boîte dans ce vaste champ de bataille du jeu vidéo streamé.

Prix : 14,99€/mois

S’il ne fallait en retenir qu’un ? Eh bien, ce tour d’horizon nous a montré qu’il n’y a pas de « meilleur abonnement ». Si certains se situent nettement en-deçà, la diversité de l’offre a tout même de quoi satisfaire tous les profils de joueurs existants. À vous de faire un choix en votre âme et conscience.

Ce guide n'était pas assez détaillé pour vous, nous avons oublié des points importants selon vous, ou même fait une erreur ? N'hésitez pas à nous contacter pour nous faire part de vos remarques !

À propos de l'auteur

Chercheur de bons plans mais pas acheteur compulsif, j'essaye de rester gourmet sans céder à la gourmandise. Ce qui n'est pas toujours facile à mettre en pratique. Un bon jeu vidéo, un bon manga, un bon film, voilà comment je me tiens à peu près tranquille. J'ai fait des études de lettres, de journalisme, de communication. J'œuvre dans la presse jeu vidéoludique (Jeux Vidéo Magazine, JV.com) et la littérature dédiée au manga et au jeu vidéo. J'ai coécrit un livre sur Devolver Digital, l'éditeur de pépites jeux vidéo indés, sorti en 2019.